Dépasser la peur de la vulnérabilité d’un homme.

Barbara s’est pétrifiée par crainte d’être émotionnellement exploitée ou épuisée. Si vous vous reconnaissez dans le dilemme de Barbara, vous pouvez agir pour vous aider à surmonter cette peur. Mais tout d’abord il est important de comprendre ce qu’un homme désire quand il parle de ses problèmes à une femme. Vous pouvez croire que, d’une certaine manière, il s’attend à ce que vous résolviez tous ses problèmes, mais en vérité la plupart des hommes désirent simplement une oreille attentive. Ils ont envie de se trouver face à quelqu’un à qui ils puissent confier leurs soucis ouvertement et honnêtement, sans rien cacher. Pour bon nombre d’entre eux, il est de loin plus facile de parler franchement avec une femme qu’avec un homme des aspects de leur vie qui les tourmentent. Quand il révèle à une femme sa douceur secrète, un homme n’a pas à se préoccuper de comparaison et de compétition entrant en jeu dès qu’il interfère avec d’autres hommes. Vous comprendrez alors pourquoi il est si important pour un homme de pouvoir parler des choses qui le préoccupent avec la femme qu’il aime. La première étape, lorsqu’on veut traiter n’importe quelle peur, consiste à comprendre plus clairement ce qu’elle recouvre — dans ce cas précis, comprendre ce qui vous fait reculer devant un homme vulnérable. Ce genre de clarification est nécessaire pour affronter votre malaise, car c’est seulement en comprenant son origine que vous pourrez commencer à le surmonter. Par exemple, demandez- vous ce que vous ressentez vraiment lorsqu’un homme avec lequel vous avez une relation amoureuse vous fait part de ses inquiétudes les plus intimes et les plus profondes. Que craignez-vous ? Que ressentez-vous? La position de certaines femmes est la suivante : « J’ai juste assez d’énergie pour assumer mes propres difficultés. Si je dois donner j cette énergie à quelqu’un d’autre, je n’en aurai plus assez pour moi. » Votre hypothèse c’est que, lorsqu’un homme exprime ses inquiétudes, il s’attend à ce que vous trouviez une solution à ses problèmes. Comprendre qu’on n’attend pas de vous que vous fassiez quelque chose de spécial peut être extrêmement libérateur : écouter n’est pas épuisant — en fin de compte. Ce qui nous pèse, c’est le poids éventuel d’une responsabilité excessive. D’autres femmes diront : « Lorsqu’un homme me parle de ses problèmes, j’en conclus qu’il est faible et j’ai horreur de penser que l’homme de ma vie ne peut pas s’assumer. » Avoir des problèmes n’est pas un signe de faiblesse, car ceux-ci sont le lot de tous. Ce qui prouve notre force et notre caractère n’a rien à voir avec l’existence de soucis ou de situations d’adversité mais tient à la façon dont nous nous comportons en pareil cas. Quand un homme exprime ses préoccupations intimes, cela ne signifie pas automatiquement qu’il est faible ou qu’il n’est pas capable de s’assumer. Certes, de nombreux hommes ne les exposent qu’à la femme qu’ils aiment. ‘ Pour le reste du monde, ils revêtiront l’armure qu’on leur a appris à porter. A dire vrai, c’est un compliment qu’un homme fait à une femme quand il lui révèle son insécurité car, ce faisant, c’est sa confiance et sa tendresse qu’il montre et non de la faiblesse. Les femmes qui fonctionnent comme des rocs face aux besoins émotionnels d’un homme craignent souvent la résurgence de sentiments passés douloureux. Cette peur anticipée sert de signal d’alarme. Par exemple, peut-être une femme a-t-elle vu sa mère donner des preuves d’amour incessantes à son père et recevoir trop peu de lui en retour. Ce souvenir provoque chez elle la crainte secrète que, si elle commence à donner à un homme elle devra continuer à le faire devenant alors autant sa mère que sa femme. La tâche consiste essentiellement à faire confiance à votre capacité de maintenir un équilibre dans votre relation. En tenant ainsi un homme à distance pour n’être pas sollicitée outre mesure ou exploitée par lui, vous serez conduite à avoir constamment peur et provoquerez chez lui du ressentiment. Donner à un homme, avec l’assurance qu’il vous donnera en retour crée une meilleure atmosphère, permettant au respect mutuel et à l’affection de se développer. Donner sans avoir peur d’épuiser vos ressources renforcera en réalité votre sentiment d’avoir encore plus à offrir, car aimer librement nous construit solidement. L’amour n’affaiblit que lorsqu’il s’accompagne d’un attachement qui vous entrave et que le spectre du ressentiment le hante. Mais que se passe-t-il lorsqu’un homme exige vraiment trop? La solution pour la femme est tout simplement d’attendre une réciprocité de sa part, il faut insister sur ce point ! Personne n’a à donner unilatéralement; et ce n’est certainement pas là le rôle d’une femme. Soyez claire avec lui quant à vos préoccupations et très nette sur le fait que vous n’êtes pas sa mère, que vous attendez de lui autant d’attention et de générosité que vous êtes prête à lui en donner. Les femmes qui donnent trop, qui acceptent d’être exploitées, sont, et c’est typique, celles-là même qui n’abordent jamais ce sujet avec l’homme qui est dans leur vie. Ces femmes-là hésitent à être directes sur tout ce qui concerne l’échange mutuel et la réciprocité. C’est quand cette franchise est absente qu’une femme peut finalement se sentir submergée par les exigences d’un homme.

Le Sphinx

Il arrive parfois qu’un homme rencontre une femme semblant avoir tout pour elle, et cependant, de manière surprenante, n’ayant jamais pu maintenir une relation affective étroite : un mystère pour ses amis autant que pour elle, car elle est typiquement, pour tous, la femme idéale qu’on associe à un homme fantastique. Hélène en est un exemple frappant. Elle a trente-huit ans et ne s’est jamais mariée, bien qu’elle soit sortie avec une véritable cohorte d’hommes parmi les plus désirables. Son travail en tant que productrice de cinéma est hautement apprécié dans la profession et elle bénéficie en outre de la reconnaissance du public. Elle est belle, intelligente, réussit et se montre parfaitement à l’aise dans un contexte professionnel difficile. C’est une négociatrice tenace en même temps qu’une femme pleine de charme. Quand Hélène fit l’inventaire de ses relations amoureuses passées, une constante se dégagea de ses échecs et, de même, une certaine uniformité apparut dans les commentaires que lui avaient adressés les hommes, depuis toujours. Certains la trouvaient trop parfaite ; cette perfection les mettait mal à l’aise. D’autres avaient le sentiment qu’elle n’avait aucun sens de l’humour, ce dont elle était consciente alors même qu’elle s’efforçait de paraître légère et détendue. D’autres encore, après un certain temps, devenaient agressifs et entraient en compétition avec elle. Elle avait toujours considéré ces hommes comme trop faibles pour supporter sa réussite. Un seul, avec qui elle était sortie, n’entra jamais en conflit avec elle, mais plaisantait sur le fait qu’on n’arrivait jamais à la connaître vraiment. Il l’avait surnommée Mona Lisa, et, pendant un temps, il fut séduit par la qualité énigmatique qui se dégageait d’elle. Les hommes qui partagèrent sa vie eurent, c’est certain, le sentiment qu’ils se heurtaient à une barrière très réelle. Comme le dit Hélène : « Je n’ai jamais cru que je pourrais m’impliquer dans une relation intime et conserver les valeurs que je me suis données. Je sais que je ne peux pas toujours être compréhensive, vive, intelligente, forte, ou même jolie constamment. En étant réservée, je me sens davantage maîtresse de moi, et j’ai l’impression que je ne risque pas de décevoir. » Hélène craignait que, si un homme était trop proche d’elle, ses sentiments les plus profonds ne soient mis à nu et que cet homme ne soit rebuté par ce qu’il découvrirait. Ses secrets ? Rien de bien terrible : la maladie incurable de son père, il y avait très longtemps, et la dépression de sa mère après la mort de son père. Mais, en tant qu’adolescente, elle s’était sentie mal à l’aise, honteuse de ces tragédies familiales, et avait eu tellement peur de paraître moins que parfaite aux yeux des autres que tout ce qui pouvait éventuellement déclencher chez elle de la tristesse ou de l’insécurité fut systématiquement gommé de sa personnalité… Du moins, c’est ce qu’elle pensa. De façon ironique, Hélène est une de ces personnes qui sont maudites du fait de la subtilité et de l’efficacité consommées de leurs défenses psychologiques. Très tôt, elle apprit à se montrer attirante et séduisante. Elle réussit tellement bien qu’elle oublia qu’elle avait développé ces talents, à l’origine, pour se protéger de sa vulnérabilité et de la douleur. Son masque, sa façade, aussi agréables fussent-ils, se révélèrent être une barrière propre à tenir les hommes à distance. Ils finissaient par se fatiguer de ce sentiment presque ineffable de solitude qu’ils éprouvaient face à elle, dans l’intimité. Maintenant, Hélène apprend à courir des risques. « Je me rends compte qu’en me précipitant toujours pour aplanir les choses dans un moment délicat, ou en interrompant la discussion avec un homme par une remarque désinvolte alors qu’il essaie de partager avec moi quelque chose de douloureux, tout devient vide et distant. Je pensais que j’amenais les hommes à vouloir être plus proches de moi en rendant les choses aussi parfaites et faciles que possible, mais ce que je découvre est exactement le contraire : c’est dans ces moments délicats, tristes ou douloureux que l’on éprouve une intense complicité et ces sentiments magnifiques que l’on partage dans ces moments-là. J’ai vécu des instants de grande tendresse avec l’homme que je vois maintenant. » Étant donné qu’Hélène continue à arracher une à une ses défenses, il est sûr que, au lieu de l’abandonner finalement, un homme se rapprochera d’elle encore davantage.